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Logo de D.E.S is it, association de défense des victimes du diéthylstilbestrol
Exposition au Distilbène (diéthylstilbestrol ou DES), troubles psychiques (TCA, dépression, suicide, psychoses...) et troubles du neurodeveloppement (autisme asperger, TDA/H...)

Scandale du Distilbène : troubles psychiques et troubles du neurodéveloppement chez les descendants

En France, le diéthylstilbestrol (ou D.E.S) a été prescrit à environ 200000 femmes enceintes entre 1948 (parfois avant) et son interdiction en 1977 (parfois après), sous les marques de médicaments Distilbène®, Stilboestrol-Borne® et Furostilboestrol®, pour prévenir les fausses-couches et les naissances prématurées.

L’on en parle beaucoup moins, mais il a également été prescrit dans d’autres indications (retrouvez la liste complète sur notre page « Qu’est-ce que le D.E.S ? »), notamment en cas d’insuffisance de la sécrétion de lait lors de l'allaitement (hypogalactie) et pour supprimer artificiellement le montée de lait après l’accouchement (Inhibition de la lactation).

Le nombre de personnes exposées in utero à la molécule (fille DES et fils DES) varie entre 160000 et 300000 (en France) selon les sources. Les petits-enfants DES, quant à eux, pourraient être tout aussi nombreux.

Ce perturbateur endocrinien a provoqué de nombreux problèmes de santé chez les enfants exposés in utero, ainsi que chez leurs enfants (la troisième génération Distilbène) : risque augmenté de certains cancers, malformations de l’appareil uro-génital, anomalies osseuses (pour plus d’informations sur les conséquences d’une exposition, consultez notre page « Conséquences du D.E.S »)...

Le médicament a aussi engendré des problèmes moins visibles, mais tout aussi graves : des troubles psychiques et des troubles du neurodéveloppement.

Nous évoquions déjà, dans un précédent article, l’augmentation du taux de TDA/H (Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité) chez les petits-enfants victimes du Distilbène.

 

Troubles psychiques et troubles du neurodéveloppement chez les descendants Distilbène

Hhorages-France (Halte aux HORmones Artificielles pour les GrossessES), est une association française créée en 2002 dont l’objet est « d’établir la relation de cause à effet entre la prise d’hormones sexuelles de synthèse lors des grossesses et tous les troubles générés, à plus ou moins long terme, chez les enfants issus de ces grossesses » avec un priorité donnée aux troubles psychiques.

Dans son rapport de 20061, l’association Hhorages, qui a recueilli de nombreux témoignages de familles françaises, observe l’existence de troubles psychiatriques chez les enfants exposés in utero à la molécule : des schizophrénies, des troubles du comportement alimentaire souvent associés à des troubles bipolaires, des dépressions graves et même des suicides….

Si ce n’est pas déjà fait, nous vous invitons à lire ce rapport édifiant, ainsi que ses mises à jour successives.

 

Distilbène et troubles du comportement alimentaire (TCA) chez les descendants (filles DES) - D.E.S is it Association Distilbène (ou DES pour diéthylstilbestrol)

 

Dans son rapport d’activités de 20172, Hhorages révèle :

  • suite à un recueil effectué auprès des familles adhérentes à l’association exposées à des hormones sexuelles synthétiques, dont le DES, en plus d’anencéphalies, de sténoses du pylore, d’agénésie des bras, de la main, de dynesys vertébrales, de malformations du pied, de la main et de la hanche, des reins et d’absence de conduit auditif… une augmentation du nombre de petits-enfants (troisième génération) porteurs d’autisme de type Asperger.
    Ces résultats ont donné lieu à une publication dans la Revue Internationale à Comité de Lecture Gynecological Endocrinology.
  • suite à une étude3, des modifications de méthylation différentielles sur l’ADN de gènes majeurs : le gène ADAM TS9 et le gène ZFP 57

 

Distilbène et modifications de l'expression de certains gènes

Le gène ADAM TS9

Ce gène est impliqué dans le contrôle de la forme des organes sexuels pendant le développement, donc de la différenciation sexuelle.

Il joue aussi un rôle dans l’apparition de certains cancers et dans le contrôle du développement du système nerveux central.

Le gène ZFP 57

L’étude de 2017 met en évidence un taux de psychoses (schizophrénie) plus élevé chez les personnes exposées au diéthylstilbestrol.

De plus, en comparaison avec les personnes exposées au DES sans psychose, on a retrouvé, chez les personnes exposées présentant une psychose, une méthylation différentielle dans le région englobant le gène codant pour la protéine à doigt de zinc ZFP57, situé sur le chromosome 6 (6p21). En clair : une modification de l’expression du gène ZFP57.

Cette modification peut impacter le neurodéveloppement (mise en place du système nerveux au cours du développement embryonnaire) ainsi que la neuroplasticité (manifestations traduisant la capacité des neurones à se modifier et se remodeler tout au long de la vie).

Ainsi, en plus des troubles psychiques et des troubles du neurodéveloppement, cette étude3 met en évidence un lien entre une exposition prénatale au diéthylstilbestrol et des modifications de l’expression de certains gènes.

 

Petit garçon autiste Asperger qui regarde à travers la fenêtre - conséquences du Distilbène (ou D.E.S - diéthylstilbestrol)

 

Le diéthylstilbestrol pris entre les grossesses a également eu des conséquences sur les enfants des grossesses suivantes

Dans son rapport d’activités de 20184, Hhorages rapporte :

  • un recueil de nouveaux témoignages, effectué auprès des familles adhérentes à l’association, qui vient confirmer un nombre important de troubles somatiques et psychiques chez les enfants et petits-enfants DES (3ème génération), notamment des troubles du spectre autistique de type Asperger.
  • un témoignage d’une fille DES, Ruth, dont la mère s’est vue prescrire un médicament antigalactogène, le Stilboestrol®, après chacun de ses 11 accouchements : sa mère n’a pas pris de diéthylstilbestrol pendant ses grossesses, cependant, 10 de ses 11 enfants subissent les conséquences de l’exposition au DES.
    L’écart le plus long entre l’arrêt du traitement et la grossesse suivante est de 27 mois. Ce témoignage suggère que le DES a une action si forte qu’il n’est pas éliminé de l’organisme entre l’arrêt de la prise et la grossesse suivante.
    « D’autant plus que, logés dans ses tissus adipeux, les résidus de cette molécule, échappant à l’élimination, s’accumulaient sans fin, sous l’assaut des doses à répétition, durant les quinze ans séparant les naissances » du premier et du dernier enfant.

 

Dangerosité de la progestérone synthétique prescrite pendant la grossesse

Hhorages attire désormais l’attention sur les dangers de la prise de progestatif (à ne pas confondre avec la progestérone, hormone naturellement produite par l’organisme) pendant la grossesse pour éviter les fausses-couches.

En effet, Hhorages avec l’équipe du Professeur Charles Sultan, ont démontré en 20185 qu’un lien reliait « l’administration in utero de progestérone synthétique (ou progestins) et troubles somatiques et/ou psychiatriques » chez les enfants, ce qui a été confirmé par une étude chinoise.

Ainsi, les progestins provoquent les mêmes troubles psychiatriques que le diéthylstilbestrol.

 

1 ASSEMBLEE GENERALE HHORAGES-France du 15 Décembre 2006. Rapport sur la Recherche par Marie-Odile Soyer-Gobillard. https://www.hhorages.com/Rapport-recherche-M-O-SOYER-GOBILLARD.pdf [en ligne]

2 HHORAGES - INFOS numéro 14 - octobre 2018 - https://www.hhorages.com/hhorages-infos-14.pdf [en ligne]

3 Rivollier F, Chaumette B, Bendjemaa N, Chayet M, Millet B, Jaafari N, Barhdadi A, Lemieux Perreault LP, Provost S, Dubé MP, Gaillard R, Krebs MO, Kebir O. Methylomic changes in individuals with psychosis, prenatally exposed to endocrine disrupting compounds: Lessons from diethylstilbestrol. PLoS One. 2017 Apr 13;12(4):e0174783. doi: 10.1371/journal.pone.0174783. ECollection 2017.

4 HHORAGES - INFOS numéro 15 - septembre 2019 - https://www.hhorages.com/hhorages-infos-15.pdf [en ligne]

5 Soyer-Gobillard MO, Gaspari L, Courtet P, Puillandre M, Paris F, Sultan C. Neurodevelopmental disorders in children exposed in utero to progestin treatment : Study of a cohort of 115 children from the HHORAGES Association. Gynecological Endocrinology. 2019, 35, 247-250.

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